La guerre en Ukraine, un effet d’aubaine pour le bio ?

La guerre en Ukraine, qui sévit maintenant depuis 2 mois, et qui a d’abord eu un impact sur les prix de l’énergie, provoque désormais un effet spéculatif inflationniste qui engendre une augmentation des prix des produits de grande consommation dans les supermarchés. Alors que l’on voyait le prix du gaz et de l’essence atteindre des niveaux historiques, c’est désormais notre alimentation qui est touchée.

Aucun produit n’est épargné : des fruits et légumes, aux produits d’épicerie, en passant par la viande, les huiles ou même les essuie-tout, l’inflation dépasse le seuil des 2% au mois d’avril. Et même si les marques distributeurs restent moins chères que les marques nationales, elles ne sont, pour autant, pas épargnées par cette hausse.
Et pourtant, elle ne fait que commencer… Après avoir atteint 4,8% sur un an en avril, l’inflation devrait dépasser les 5% en mai et atteindre 5,4% en juin, selon une estimation provisoire de l’Insee.

La hausse des prix touche-t-elle également la filière bio ?

Contrairement à l’agriculture conventionnelle, les produits bio sont moins impactés par la guerre en Ukraine. Les engrais et autres matières premières venus de Russie et d’Ukraine sont à l’origine de l’augmentation des prix. Or, les producteurs bio sont moins dépendants des produits importés d’Europe de l’Est limitant ainsi l’augmentation des prix de leur production. C’est le cas par exemple des engrais, qui sont moins consommateurs d’énergie dans l’agriculture bio, et donc moins inflationnistes.
A terme, un panier de produits bio pourrait égaler le même panier de produits conventionnels. Les producteurs misent sur la hausse des prix des fruits et légumes non bio pour trouver de nouveaux clients.

Alors comment expliquer la baisse des ventes ?

Néanmoins, les ventes de produits bio sont en baisse depuis le début de l’année. La baisse du pouvoir d’achat n’incite pas les consommateurs à changer leurs habitudes et à se diriger vers le bio. Ordinairement perçu comme étant plus cher, le bio garde cette étiquette, même si le prix des produits conventionnels ne cesse d’augmenter. Le consommateur se tournera vers la bouteille d’huile la moins chère de l’agriculture conventionnelle sans penser à jeter un coup d’œil aux produits bio.
Toutefois, la baisse de la vente des produits bio est davantage liée à un retour du local, qui ne rime pas forcément avec bio, et à une désorientation des consommateurs face à la multiplication des labels plutôt qu’à la guerre en Ukraine. Face à la concurrence, le logo AB n’est plus la seule référence en termes de protection de l’environnement et de la santé.
Bien que le contexte international soit favorable au bio, la réticence et le questionnement des consommateurs ne permet pas à la filière d’en profiter. Alors les revendeurs du bio vont-ils s’engager sur la même pente que les supermarchés conventionnels et augmenter leur prix ou vont-ils profiter de cet effet d’aubaine pour orienter les consommateurs vers le bio ? La réponse dans quelques mois sur notre blog…
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