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Le « consommer local » concurrence-t-il le « consommer bio » ?

Pendant le confinement, la consommation de fruits et légumes en bio a explosé. Avant de reculer dès l’année 2021. Le quotidien a repris le dessus. Sauf pour les consommations locales qui, elles sont devenues de nouvelles habitudes.


Le bio et le local ont largement progressé pendant le premier confinement. En 2020, 12 % des exploitants agricoles français étaient en bio. Pas seulement en maraîchage. Les grandes cultures (céréales, oléagineux…) s’y mettent aussi, sans oublier les régions les moins engagées dans la bio (Grand Est, Hauts de France, Réunion, Ile de France). La France, avec 9,5 % de surface agricole est l’un des pays les plus « bio » d’Europe. Sans oublier les 13 milliards d’euros générés en 2020 par ce marché.

Mais, le bio, après un boom durant le confinement de 2020, marque le pas. Voire s’effrite. Les magasins Leclerc, par exemple, qui avaient ouvert en grandes pompes des magasins bio sont contraints de les fermer un par un.

Au contraire, la consommation locale, elle semble s’ancrer petit à petit dans les habitudes du quotidien. Selon un sondage Ifop, réalisé à la sortie du premier confinement, 66 % des Français se disent prêts à « acheter plus de produits locaux et made in France, quitte à les payer 10 % ou 15 % plus chers », alors que seulement 36 % feraient de même avec des « produits alimentaires bio », selon un article du Monde du 26 novembre 2021. L’IRI (Indice de renforcement institutionnel), estime aujourd’hui que le bio représente 8% des références dans les magasins mais ne représente que 5% du chiffre d'affaires.


Il faut dire que la multiplication de la communication autour de produits « pas bios mais presque » ne facilite pas la tâche : « Zéro résidus de pesticides », haute valeur environnementale, 1 % for the planet… Des produits que les consommateurs jugent suffisamment responsables. Le bio semble pour l’heure passer au second plan. Ces labels, de plus, ont l’avantage d’afficher des prix plus attractifs que le bio. Un paramètre incontournable quand il faut remplir le frigo pour une famille dans un contexte d’inflation grandissante. D’autant que ces labels attirent la confiance des consommateurs. Parfois davantage que le bio.

Certains analystes, comme Karine Sanouillet, conseillère au cabinet de la secrétaire d’Etat chargée des associations et de l’ESS (Economie sociale et solidaire), citée par BFM TV en mai 2022 « C'est un problème de société si tous les consommateurs n'ont plus accès à ces produits, alors même qu'on était dans une démocratisation du bio », Mais « ce n'est pas une fatalité car, dans le fond, le consommateur préfère le bio ».



Méthode Coué ? Le redémarrage du bio n’est pas attendu avant, au mieux, 18 mois. D’ailleurs, Agro-média, en septembre dernier, fait part d’une large étude lancée avec Natexbio et La Maison de la Bio en 2021, avec l’institut Credoc et AND International, afin de donner de la visibilité aux entreprises sur l’évolution du secteur bio d’ici 2027 (alimentaire et non-alimentaire) .


Les prédictions sont optimistes, jusqu’au doublement du chiffre d’affaires du secteur bio d’ici 2027. Les instituts ont travaillé sur quatre scenarii. Les deux premiers sont optimistes, mais demandent un strict respect des engagements du ministre de l’agriculture d’alors, Julien Denormandie, d’atteindre 18 % de surface agricole utile en bio. Elle est de 9,5 % aujourd’hui. Le troisième scenario calque la tendance actuelle, un fort ralentissement, affichant alors un taux de croissance de la consommation bio de 5 %. Le dernier scenario se place dans un contexte de pouvoir d’achat en berne, peu favorable au bio, donc un marché stagnant.


Dans un contexte où les consommateurs sont aussi attentifs à leur façon d’acheter qu’à leur porte-monnaie, le bio n’apparaît plus comme la seule solution d’une agriculture, voire d’une planète, plus responsable.

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